• Les chroniques de Marc B.

    Vous trouverez dans cette rubrique des textes écrits et envoyés régulièrement par Marc B..


  • Lien vers l'exposition de Philippe Dessein au Château de la Grange


    LE CREDO D’INFINI


    2012 

    L’empreinte de nos vies dessine sur les plages 

    Un credo d’infini surplombé de nuages

    Où des pans d’amnésie nous donnent rendez-vous

    Pour un air sans musique à peine chuchoté

    Pour des miroirs sans tains et des lueurs fanées

    L’oubli va-t-il choisir pour nous ?


     L’espoir teinté d’automne consume les saisons

     Pour des cœurs en désordre et des pas sans raison

     Il y eut au printemps un temps des amours fous

     L’hiver a balayé les feuilles flamboyantes

     Et la brume obscurcit des clartés vacillantes

     L’oubli va-t-il choisir pour nous ?

                                                                  

                                                                                 Le temps passe les âmes au filtre de l’oubli

                                                                                 Et nous portons le deuil d’un monde désappris

                                                                                 Où des lacis sans fin se perdent dans le flou

                                                                                 Les mots d’une berceuse reviennent par instants

                                                                                 Comme un chagrin fugace qui déborde des ans

                                                                                 L’oubli va-t-il choisir pour nous ?


                                                                                On flotte entre deux vies aux racines à nu

                                                                                Entre un futur obscur et un passé confus

                                                                                Nos rêves de douceur côtoient le désir fou

                                                                                L’oubli va-t-il choisir de s’ouvrir à tout vent

                                                                                À l’écume salée des furies d’océan

                                                                                L’oubli va-t-il choisir pour nous ?


                                                                               Quand les voiles se gonflent aux désirs retrouvés

                                                                               Quand la sève reprend des chemins effacés

                                                                                Pour un parfum discret, la rondeur d’un genou

                                                                                Quand le présent sourit aux souvenirs d’antan

                                                                                Quand le bonheur revient, même pour un instant

                                                                                L’oubli ne choisit plus pour nous

     
                                                                                                       Marc Baudin avril 2012

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  • Chronique 1  

      douceur plastique de matière bleue où l’âme

       se baigne dans un reflet de rondeurs et

       de formes cambrées sous un ciel sans nuage

       lourd de tous les désirs enfouis dans la pierre

        gravide

     Août 2011

     Texte écrit lors de l'atelier d'écriture proposé par Dominique Barberet Grandière, parmi les oeuvres de l'exposition "La pointe du château" à Plougrescant.

    Coquillages...

    Chronique 2


    Une bouche sombre sonde mon âme

    Et j’attends qu’elle m’éclaire... 
     

    Esbly septembre 2011


     

     

    Chronique 3

     Il y avait une origine au monde, un pertuis d’où sourdait toute création, d’où jaillissait le cri profond de la servitude brisant ses chaînes… 

    Septembre 2011


      Chronique 4                                               Le rêve de Léna
    Là-bas, dans le pays des rêves où Léna vient d’arriver, les nuits sont silencieuses et le ciel étoilé.
    Un minuscule croissant de Lune émerge de l’horizon et la silhouette d’un petit homme rondouillard  monté sur son âne, se dessine sur le levant.

    Bonsoir Léna !

    Le petit homme descendu de sa monture vient de prononcer ces quelques mots avec une politesse frisant la dévotion.

    Exposition Philippe Dessein / Léna LaurichesseBonsoir Ali Baba, répond Léna qui a reconnu son interlocuteur. Je te remercie, mais tes jarres pleines d’or et de pierres précieuses ne remplaceront pas mes pots de lumière et de couleur.
    Tu as fait beaucoup de chemin pour me rencontrer, je vais peindre pour  toi, un pot couleur de nuit sur le parchemin qui sort de ta chemise.

    Ali Baba est reparti heureux. Mais Léna ne sait pas qu’il a introduit de magnifiques gemmes dans les tubes de couleur pendant qu’elle terminait son rêve…..

    Si vous voulez graver le souvenir de cette rencontre dans votre mémoire, retournez-vous vers le rêve de Philippe...

     Tours le 10 décembre 2011

     


    Chronique 5                                              Le rêve de Philippe

    Autant le rêve de Léna est léger, aérien, translucide comme le ciel étoilé des mille et une nuits, autant celui de Philippe est lourd, pesant, écrasant, voire grave.

    Le rêve de Philippe est sous pression, la plaque de cuivre accueille la feuille légèrement humectée pour qu’elle épouse l’encre dans une union sans nuage, pour des épousailles sans la moindre inconstance. Gare à la poussière invisible qui voit son vol aléatoire capté par les reliefs mystérieux du métal. 

    Le rêve de Philippe nettoie son atelier pour chasser tous les volatiles non identifiés qui oseraient prendre la future presse pour terrain d’atterrissage. Le rêve de Philippe vire au cauchemar, la presse… Va-t-elle arriver sans encombre ? Comment être sûr des conditions de transport ?  Tous ces projets qui attendent bien rangés sous la tignasse poivre et sel, vont-ils voir le jour ? Vont-ils sortir comme une trame arachnéenne du tréfonds géologique des formidables rouleaux ?

    Le rêve de Philippe entre dans une zone de turbulences…Une main secoue son épaule.

    - On n’aurait pas dû finir le vernissage de l’expo au restaurant, qu’est ce que tu ronfles….

    Esbly le 12 décembre 2011

     

    Chronique 6
                               Vernissage 

    S’il y a un Noël pour les gravures et les tableaux, c’est bien le jour du vernissage.Fini le tête-à-tête exclusif avec le peintre ou l’examen méthodique et sourcilleux du graveur, on sort du cercle restreint de la famille, on se pare pour être présenté au monde.Comme pour le bal des débutantes, il faut redresser sa taille, ne rien perdre de sa tenue, se tenir droit. Les gravures sortent des cartons pour essayer leur marie-louise, les toiles descendent des étagères ou quittent leur pénitence face au mur  pour soigner leur teint avant la présentation.Les petites dernières papotent effarouchées : 

    -       La grande toile rouge parle sans arrêt de cimaises, qu’est-ce que c’est ?

    -       Je ne sais pas, c’est peut-être une sorte de chevalet !?

    -       La grande bleue dit qu’on va nous y pendre !

    -       Pendues…Quelle horreur !

     Le silence se fait, les mains maternelles se saisissent des œuvres et commencent à les placer à les déplacer, à les suspendre, à les dépendre, à les rependre…. Les anciennes ont perdues leur morgue, la fausse assurance de celles qui ont déjà vécu. -    Il ne faudrait pas que ces gamines se trouvent aux meilleures places, ou pire, qu’on me renvoie à l’atelier ! Malgré le trac, certaines ne peuvent s’empêcher de s’envoyer des saillies. 

    -       Si tu voyais comme t’es de travers. T’es déjà pas terrible, mais tu vas finir par donner le mal de mer aux visiteurs.

    -       Tu t’es pas regardée, avec ce spot, ça ne vaut rien pour ton teint, On voit bien que t’as passé l’été dans la réserve, moi, au moins, j’ai vu la mer !

     Léna et Philippe qui ont fini par disposer leurs troupes sont partis se détendre un peu, mais reviennent en compagnie. 

    -       C’est ça un vernissage ? Il n’y a que trois personnes…

    -       Idiote, tu vois bien qu’ils préparent le buffet. La brune, je la connais, c’est la sœur de Léna, les deux autres, je les ai vu à la mer.

    -       C’est quoi le buffet ? On va recevoir un meuble ? C’est déjà pas très grand ici…

    -       Mais non, regarde bien, ils font des toasts, ils remplissent des bouteilles, Ça sent presque aussi bon que le médium de Léna.

    -       Regarde, on a déjà un visiteur, il est trognon avec sa baguette de pain. Il me regarde ! Il me montre du doigt ! Qu’est-ce que je dois faire ?

     La galerie se remplit, des yeux passent d’une toile à une autre, des gravures du haut à celles qui sollicitent un zest de souplesse. Des doigts désignent des points précis, dessinent les questionnements, soulignent des incertitudes et renforcent les opinions.Les petites nouvelles se prennent déjà pour des stars, se prêtent aux jaillissements des flashs, ronronnent de plaisir en saisissant les commentaires élogieux.Dehors, il pleut. La nuit venteuse cherche à éteindre les bougies placées devant la vitrine. Dedans, la petite exposition fait le plein de plaisir, de projets et de désirs à partager.Le charme opère, les visiteurs partent un à un en manifestant leur contentement. Accrochées aux cimaises les débutantes aspirent au calme et au repos, mais soudain, deux retardataires viennent réveiller leurs ardeurs par l’expression de leur vision percutante, par leurs observations et leurs louanges.On ferme !Le rideau est tiré.Encore toutes excitées les gravures et les toiles ont du mal à s’endormir. Celles qui se sont vues ornées d’un point rouge  triomphent sans modestie. Les autres cherchent encore dans leur mémoire les regards qui se sont soudain arrêtés pour les contempler. Puis le calme s’impose pendant que le Vieux Tours s’endort.

    Esbly, le 17 Décembre 2011

     

     

    Chronique 7

                   Conte d’une lettre de pluie empruntée à Philippe

    Un jour un vieux savant, chenu et alchimiste, reçut une missive toute trempée de pluie.
    Les mots s’étaient fondus, dilués dans les fibres dans un jeu d’arc-en-ciel et d’atours d’aquarelle. Il ne restait plus rien que les ailes diaphanes de quelques mots heureux en libres papillons. Sur la marge pourtant, des larmes en taches grises, sanglotaient leur chagrin et les malheurs du temps.
    Le vieux savant curieux de lire l’invisible découpa les couleurs, négligea les noirceurs. Fit tremper le papier dans un cristallisoir et le matin suivant distilla la dépêche.
    Que croyez-vous qu’il fit de la liqueur ambrée ? Nul ne le sait !
    Ce qu’on sait, c’est que jamais on ne revit le vieux, mais qu’un jeune savant prit sa place, et pour longtemps.

    Esbly, le 19 Décembre 2011 

    Lien vers "Coline en couleurs"

    Chronique 8


    Il y a là, un vieux dragon jaloux qui profite de la nuit pour subtiliser la plaque de cuivre qu’il remettra en place au petit-jour.

    Plougrescant, le 4 août 2011 



     Lien vers l'article "La mer grave"

    Lien vers l'article "La marée. Mise à nu"

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